samedi 19 avril 2008

En sortant de la messe ...

Amfreville-les-Champs, dans l'Eure en 1696, le registre paroissial recueille en alternance les baptêmes, les mariages et les inhumations. Mais ce samedi de début décembre, le curé y consigne un événement dramatique :

Extrait du registre paroissial d'Amfreville-les-Champs
Microfilm 8Mi0082
Archives de l'Eure en Ligne


"Le samedi 8 ième de décembre au dict an Denis Gaumont aagé de 50 ans ou environ de la paroisse de Marcouville sortant de la messe de cette paroisse retournant à la Mare au Theuil fut rencontré du nommé Belhoste qui lui donna un coup de fusil dont il mourut sur le champ de quoi la justisse ayant esté avertie nous lui avons donné la sépulture le lendemain dimanche 9 dudict mois dans le cymetière de cette paroisse présence de Mathieu Moisant de la paroisse de Bacqueville et Nicolas Gouast de la dicte paroisse et de Isabeau Gaumont fille du défunt et qui ont signé avecque nous Signe : Nicolas Gouast - les marques de Mathieu Moisant et d'Isabeau Gaumont"

Denis Gaumont a été assassiné sur le chemin du retour à son domicile. Il a eu le malheur de croiser la route d'un certain Belhoste. Quelles ont été les circonstances et quel a été le mobile de ce meurtre ? Etait-il prémédité ? Quel lien, s'il en existe un, relie le meurtrier à sa victime ? Qu'est-il advenu du meurtrier ?

Qui était Denis Gaumont ?
L'acte nous donne quelques réponses et des indications suffisantes pour trouver d'autres éléments.
Il est âgé de 50 ans, ou environ, donc on peut estimer sa date de naissance aux alentours de 1646. Le lieu de naissance n'est pas précisé.
Il est originaire de Marcouville, un très ancien village, rattaché aujourd'hui à la commune d'Houville-en-Vexin. Plus loin il est dit qu'il s'en retournait à la Mare-Autheuil qui était un hameau de Marcouville en 1696. Maintenant ce hameau est sur le territoire de la commune d'Amfreville-les-Champs.



Les registres de Marcouville sont très lacunaires pour cette époque. Les seules traces directes de Denis Gaumont qu'on puisse y trouver sont ses marques en bas de deux actes. Le 25 octobre 1678 il est présent à l'inhumation de deux filles jumelles, Anne et Élisabeth, filles de feu Jean Cahagne et Elisabeth Mandré. Puis, le 1er avril 1681 il est parrain du fils de Jacques Malidé et Anne Mondré auquel il donne son prénom, Denis.
La Mare Autheuil est cité dans les actes de Marcouville et est le lieu de domicile de Denis Gaumont.
On ne retrouve ensuite mention de lui qu'en 1718 dans l'acte de mariage de sa fille Marie avec Pierre Bouaffles.
Il est également fait mention de sa veuve Elisabeth Godard, présente à ce mariage. On y apprend également qu'Elisabeth Godard, s'était remariée avec Jacques Lesage, avant d'être de nouveau veuve.
Marie Gaumont sera veuve, à son tour, après avoir mis au monde au moins une fille, Marie Elisabeth Bouaffles, le 23 mars 1722. Pierre Bouaffles décède le 27 juillet 1727 à l'âge de 40 ans.

Dans les registres de Marcouville, j'ai relevé d'autres "Gaumont" :
Elisabeth Gaumont, décédée subitement à la naissance de sa fille Elisabeth Binet le 1er septembre 1700.
Mathurin Gaumont qui est le parrain d'Elisabeth Binet, le 2 septembre 1700.
Marie Magdeleine Gaumont, fille d'André Gaumont et de Barbe Pinel, baptisée le 25 novembre 1719.
André Gaumont qui signe le 5 septembre 1709 l'acte d'inhumation de Barbe Pinel, veuve d'André Gaumont.
Les registres ne mentionnent pas Isabeau Gaumont. On peut supposer une erreur ou une confusion du Curé d'Amfreville et estimer qu'Isabeau et Elisabeth Gaumont sont une seule et même personne.
L'acte d'inhumation porte la signature de deux présents : Mathieu Moisant et Nicolas Gouast. Tous deux sont de la paroisse de Bacqueville, limitrophe d'Amfreville-les Champs. Pourquoi ces deux hommes sont ils présents à l'inhumation ? Sont-ils des proches de Denis Gaumont ?

Nous savons donc maintenant que Denis Gaumont :
  • est né vers 1646 dans un lieu inconnu ;
  • qu'il résidait déjà à Marcouville en 1678 ;
  • qu'il était marié avec Elisabeth Godard, dont il a eu au moins deux filles, peut-être trois
    • Isabeau, témoin à son inhumation
    • Elisabeth, épouse Binet, décédée en 1700
      • Elisabeth Binet(°1700 - + 1707)
    • Marie, qui épouse Pierre Bouaffles en 1718
      • Marie Elisabeth Bouaffles ;
  • qu'il décède et est inhumé le 9 décembre 1696 à Amfreville-les-Champs.


L'intrigue est loin d'être démêlée. L'essentiel reste à éclaircir : les circonstances du drame, l'identité du meurtrier, les suites de cette affaire.
Un détail pittoresque et troublant découvert grâce à Marco, un ami, : sur la carte Cassini, la Mare Autheuil est dénommée "La Mare au Tué".
A suivre...

jeudi 10 avril 2008

Inondations...

J'explore actuellement les registres paroissiaux de Léry, dans l'Eure, une des paroisses d'où sont originaires une partie de mes ancêtres.

Au début de l'année 1742, Jean Mabire, curé de Léry, clôt les registres de 1741 et profite de la place restante en bas du feuillet pour y ajouter les faits marquants de l'année 1741.


Tout d'abord les travaux de l'église :
"En cette année 1741 a été édifié tout en neuf le portail de notre église.
A été couvert en neuf le clocher par sept pans, celui tournant vers Tournedos étant jugé pouvoir durer encore dix ans. Les ouvriers couvreurs coutoient chacun trente sols par jour sans nourriture."
[Illustrations de Architectural Antiquities of Normandy]
J.S. Cotman, dess. et aut. du texte, Dessinateur,1822, BNF Gallica

Puis le compte-rendu de "l'affreux ravage" causé par les calamités :

"L'inondation qui commença devant Noël de l'an 1740 se porta jusqu'au trois arbres du cimetière de la rangée le long de la maison de Mr de Longtmesnil fit des ravages affreux. Il fallut rensemencer toutes les terres de la garenne qui ne rapportèrent presque rien parce que le printemps et l'été furent si secs qu'ils firent périr toutes les semences.
J. Mabire, curé de Léry"
Extrait du registre BMS de la paroisse Saint Ouen de Léry
Archives départementales de l'Eure
Microfilm 8Mi2430
Image originale

dimanche 11 novembre 2007

Amanda



Amanda LHERMITTE est née dans un petit village de Seine-Maritime, Servaville-Salmonville, le 15 février 1875. Elle est la fille d'Eugène, un charpentier dont les ascendants œuvraient comme charrons ou charpentiers dans le Pays de Bray.

Peu de temps après la naissance d'Amanda, la famille s'installe à Igoville, dans l'Eure. Son père décède brutalement suite à un grave incident sur son chantier : un arbre qu'il abattait s'est écrasé sur la voie ferrée, il a tout fait pour le dégager afin d'éviter un grave accident, mais ces fortes émotions lui ont couté la vie.

Amanda devient couturière et à l'âge de 26 ans, elle épouse Adolphe SAMSON, courtier, le 19 octobre 1901. Le couple s'installe à Petit-Quevilly. Ils auront cinq fils, Georges, Maurice, René, Fernand et Roger.

En 1914, à l'âge de 38 ans, Adolphe est mobilisé au 22ème RIT. Il succombera à ses blessures à Doullens, dans la Somme, le 8 octobre 1914.

Mon arrière-grand-mère Amanda est restée seule avec ses cinq fils à élever. Mon grand-père, Maurice m'a dit un jour que tout ce qui lui était revenu de son mari, c'était un petit porte-monnaie que lui avait réexpédié la Caisse des Dépôts et Consignations, dans lequel elle avait trouvé deux sous.

Amanda a élevé ses cinq enfants à la mesure de la force de son caractère et de son courage comme les milliers de veuves de guerre ont élevé les milliers d'orphelins qu'a laissés cette immonde boucherie. Les veuves de guerres ont été très tardivement aidés par l'État.
Mon grand-père et ses quatre frères n'ont été reconnus "Pupilles de la Nation" qu'en 1921.

Maurice a commencé à travailler très tôt, parce qu'il fallait faire bouillir la marmite de la famille et parce que la France manquait des bras des hommes sacrifiés. A quatorze ans il conduisait le camion d'un limonadier pour assurer des livraisons, en marche arrière pour grimper la rue de la Fontaine Sainte-Marie à Rouen parce qu'en première, le camion ne montait pas !
Il sort quand même de l'école Industrielle avec un CAP d'ajusteur et entre au sein d'une grande entreprise pétrochimique, d'abord comme réparateur de pompe à essence, puis avançant dans les échelons il terminera sa carrière comme responsable à la sécurité industrielle.

Au cours de mes recherches, mon père m'a appris que le nom d'Adolphe SAMSON ne figurait pas sur le Monument aux Morts de Petit-Quevilly. Je suis allée vérifier et effectivement son nom n'y est pas gravé. A la mairie, il est inscrit sur le registre spécifique des "Morts pour la France", son acte de décès à Doullens a été retranscrit dans les registres d'Etat Civil.
Mon grand-père avait dit à mon père que pour le nom du soldat mort ou disparu soit inscrit il fallait payer, ou cotiser à une souscription, ce que mon arrière-grand-mère et ses fils ont refusé de faire. Et comme je les comprends !!! Une horreur de plus : la guerre fauche un mari et un père et il faudrait encore payer pour qu'il lui soit rendu hommage !

Ce que sa famille a obtenu, en payant ou pas, je ne sais pas, c'est que son corps soit inhumé au carré militaire du cimetière municipal de Petit-Quevilly où Amanda est venu le rejoindre 40 ans plus tard en 1954.

vendredi 2 novembre 2007

YarubaDrum

L'un de mes logiciels préféré, c'est Photofiltre, logiciel de retouche d'image, il permet de nombreuses manipulations et a constitué pour moi une excellente initiation à Gimp.
Voici ma dernière création, Yarubadrum.

Le travail autour de ce tambour Yaruba du Nigéria, dont l'image provient du site de la Hamill Gallery of African Art à Boston m'a été inspiré par celui d'Oscar, qu'il a présenté sur le forum officiel de Photofiltre. Je suis loin d'atteindre la perfection d'Oscar, merci à lui du partage de ses conseils.

dimanche 26 août 2007

Portraits



En feuilletant les registres les plus anciens de la paroisse de Pont-de-l'Arche, j'ai eu la surprise et le plaisir d'y trouver des portraits, esquissés dans les marges des actes.

Celui-ci datant de 1597, un homme de profil, barbu et portant un chapeau côtoie l'acte de baptême de Robert, fils de Jéhan Langloys.

Un autre, de la même année, dans la marge de l'acte de baptême de Louys Tesson, toujours de profil, mais sans chapeau.


Il est permis de supposer que l'auteur de ces délicats portraits est Claude Hayet, prêtre curé de la paroissse Saint Vigor de Pont-de-l'Arche à cette époque.


Références des images : Registres paroissiaux de Pont-de-l'Arche, microfilm 8Mi3216, Archives Départementales de l'Eure

lundi 20 août 2007

Mensonges

Sans commentaires (pour l'instant...)

dimanche 19 août 2007

500 ans d'art : le visage de la femme

"Fabuleux !" C'est le mot qui m'est venu à l'esprit quand j'ai découvert ce travail de Philip Scott Johnson (eggman913 sur Youtube).

Boni, avec quelques amis, a réussi à lister tous les visages présentés dans la vidéo et nous les présente sur cette page de son site.

Je note, au passage, un excellent lien sur la page "art stuff" du site de Boni : Cybermuse.
Cybermuse est le site de recherche et d'éducation du Musée des Beaux-Arts du Canada, avec notamment, les pages "Jeunes" et "Enseignant".